«Le geste photographique crée une intimité avec le cheval. Doué de curiosité, c’est également un acteur imprévisible, prêt à l’esquive. Fuir est sa seule défense. Attendre patiemment, être présent sans jamais le surprendre, ajuster son propre désir à son rythme journalier ; vous éprouvez alors une joie à fixer le moment présent, en pleine conscience. Plusieurs expositions qui lui sont consacrées associent la vidéo à la photographie. Les séquences tournées le situent dans son contexte, avec l’intention de l’inscrire dans la durée. Ces deux approches par leur complémentarité m’ont semblé illustrer les expériences vécues à ses côtés, pour nous le rendre plus familier et pour le célébrer.»

Au cours de ma formation de psychologue clinicienne, je me suis intéressée aux recherches enseignées au Collège de France, dans le cadre de la chaire de neuropsychologie du développement de l’enfant et plus particulièrement aux études sur les relations préverbales entre l’adulte et le nourrisson.  Enseignement basé sur l’observation et l’écoute qui par la suite a influencé mon approche de photographe et de réalisatrice équestre. La rencontre avec un homme de cheval en forêt de Rambouillet est un moment charnière dans mon parcours ; j’ai quitté l’univers du petit d’homme pour celui du cheval ; puisé dans mon expérience passée pour « vivre » et restituer par l’image le lien qui unit cavalier et monture : langage postural, regards, modulation de la voix… Tout un répertoire auquel le cheval répond, doué d’un pouvoir émotionnel particulier, quelle que soit sa race.

De 2009 à 2013, j’ai approché les chevaux lusitaniens au rythme de leur vie, avec retenue, à l’écoute de l’exercice quotidien, dans le flux des ajustements mutuels trouvés avec l’écuyer. J’ai tenté de traduire l’émerveillement et le trouble que m’inspirent ces œuvres d’art vivantes.

De 2013 à 2015, j’ai également vécu parmi les pur sang anglais , au haras « Three Chimneys Farm » situé dans le Kentucky. L’élevage y est orienté vers le bien-être physique et mental des chevaux, essentiel pour leurs performances. Ce sont des athlètes puissants et fragiles, aux routines respectées, dès le lever, puis à l’entrainement, adapté en fonction de leur condition, enfin sur les champs de courses où s’exprime l’explosivité du sportif de haut niveau. J’ai maintenu ce lien à Chantilly et à Deauville ; travaillé sur des effets immersifs pour les courts métrages « Terres de pur sang »  et « Three Chimneys », privilégiant les cadrages en plans rapprochés et une captation directe du son pendant le tournage.

« Jennifer Ajuriaguerra est plutôt connue pour ses films dans d'autres milieux que celui du cheval. Cette fois, c'est en cavalière qu'elle est partie pour le Portugal, souhaitant suivre l'enseignement de Luis Valença. Elle emmena également son appareil photo ... Et ce sont ses photos qu'elle publie dans un coffret luxueux, sublime, décliné en trois tailles: Le Cheval et l'écuyer. Des photos comme on en a jamais vu, qui dévoilent le cheval et celui qui le travaille dans toute leur majesté et leur élégance. Cheval au box, queue et anus en gros plan, airs relevés, regards, jeux d'ombre et de lumière ... Dix-huit photos comme autant d' oeuvres d'art à encadrer. Jennifer Ajuriaguerra photographie avec la sensibilité dont elle fait preuve à cheval: une équitation tout en douceur, qui rend le cheval beau. Ses photos le magnifient de la même manière, sans tricherie ni fauxsemblant. Les images qu'elle a rassemblées dans cet album comme autant de tableaux du XVIIIe sont accompagnées d'un texte de l'écuyer Michel Henriquet, « L'iconographie du cheval ibérique ». C'est dire à quel point Jennifer Ajuriaguerra s'inscrit dans une tradition séculaire. Rares sont les photographes équins à pouvoir s'en réclamer. Peut-être simplement parce qu'elle ne saisit pas les chevaux, mais LE cheval. » 
Par 
Marion Scali, écrivain, journaliste et monitrice diplômée d'équitation • Auteur d'ouvrages de vulgarisation sur les grands écuyers de l'histoire

« Jennifer aime les chevaux, leur beauté, elle les dissèque avec un regard tendre. Des morceaux, elle fait une composition, et lorsque le décor dans lequel le sujet se situe apparaît, elle frôle parfois le surréalisme. Maintenant, elle aborde le mouvement avec sa caméra. Ses montages évoquent un ballet où notre regard se promène avec gourmandise ».
Par Jean-Louis Sauvat - sculpteur, peintre de renom et cavalier émérite, appelé : « l'Artiste Centaure ».

Prix


Prix du meilleur court-métrage artistique «Torrinha» : Equus Film Festival – 2017 – New York, États-Unis
Prix du meilleur court-métrage artistique «Foals’ Memories» : Equus Film Festival
– 2015 – New York, États-Unis
Prix de photographie de la Ville de Caen pour «Quichotte» : Jeux Équestres Mondiaux 
– 2014 – Caen, France
Prix du meilleur court-métrage artistique «The Nap» : Equus Film Festival 
– 2014 – New York, États-Unis
Prix pour les deux photographies «Saudade» et «Rivoli» : Art Cheval 
– 2012 – Saumur, France
Prix pour deux photographies « Box bleu » « Regard avoine » : Art Cheva– 2010 – Saumur, France  

Manifestations


2024 – 2015

[Manifestation] Manifestation Les Chevaux du Sud : «Mémoires de Poulains»
 – 2017 – Arles, France
[Exposition] Exposition de photographies : ArAnimA, Galerie Thuillier
 – 2017  – Paris, France
[Festival] Festival Bullfest : «Torrinha»
 – 2017  Lisbonne, Portugal
[Festival]
Equus Film Festival : «Torrinha» – 2017  New York, États-Unis
[Exposition] Exposition de photographies et film au haras de la Cense
 – 2015 – Yvelines, France
[Exposition] Exposition de photographies et film à la galerie Barbara Coloma
 – 2015 – Barbizon, France
[Exposition] Exposition de photographies et film au musée du Cheval
 – 2015 – Chantilly, France
[Exposition] Exposition de photographies et films à Art Cheval
 – 2015 – Saumur, France

2014 – 2010

[Exposition] Exposition de photographies à Arqana : « Terres de pur-sang »
 – 2014 – Deauville, France
[Projection] TAP Air Portugal (longs courriers) : projection du court-métrage « Portrait d’une championne »
 – 2014 – Portugal
[Festival] Equus Film Festival : « The Nap »
 – 2014 – Chicago, États-Unis
[Exposition] Exposition de photographies et film : Jeux Équestres Mondiaux 
– 2014 – Caen, France
[Exposition] Exposition de photographies à Galops d’Essai (exposition collective en partenariat avec J.L Sauvat) : collection « Ambos »
 – 2014 – Chartres, France
[Exposition] Exposition de photographies et film à Variations Équines : collection « Ambos »
 – 2014 – Château de Nogent-le-Rotrou, France
[Exposition] Exposition de photographies au Haras de Jardy : collection « Ambos » – 2012 – Versailles, France
[Exposition] Exposition de photographies à Equita Lyon : collection « Ambos »
 – 2012 – Lyon, France
[Exposition] Exposition de photographies à Art Cheval
 – 2012 – Saumur, France
[Exposition] Exposition de photographies – 2011 – Rambouillet, France
[Présentation] Présentation des coffrets de photographies « Le Cheval et l’Écuyer » au Saut Hermès, Grand Palais
 – 2011 – Paris, France

Torrinha
(2016 - 2017)


Un documentaire de 45 minutes sélectionné pour concourir dans plusieurs festivals internationaux. « Torrinha » un lieu habité par la passion du patriarche, David Ribeiro Telles, toréro à cheval légendaire. Les personnages qui témoignent nous font vivre leur engagement sans concession pour un art qu’il a su leur transmettre avec exigence et humanité. Six protagonistes appartenant à trois générations d’une même famille nous guident sur ces terres à travers leurs souvenirs et le lien qu’ils entretiennent avec leurs chevaux et l’élevage de leurs taureaux. Dans l’arène, un combat où se joue la vie, où cavalier et monture ne font qu’UN. La caméra filme en plans rapprochés les jambes du cheval en mouvement, pour mieux saisir les exercices nécessitant plusieurs années d’apprentissage, d’une précision irréprochable, basés sur l’enseignement des maîtres de la Haute Ecole.

Lieux de tournage : Haras et élevages, Ribeiro Telles – Alentejo, Portugal

Terres de pur-sang
(2014)


Six heures du matin, les palefreniers préparent le premier lot de chevaux pour l’entrainement. Le pur sang doit sortir tous les jours. Le rituel est immuable. Il ne faut pas perturber ses habitudes, le pur sang a besoin de routine.  A l’entrainement, il doit être dans son rythme, il ne faut pas lui demander ce qu’il ne peut donner. Cet athlète de haut niveau doit être préparé physiquement mais aussi mentalement. Tout se passe dans le calme que ce soit à Keeneland aux USA, à Chantilly ou à Deauville. La captation de son direct démontre à lui seul, l’effort et la puissance déployés par ces chevaux. Une des séquences tournées filme deux d’entre eux dans un paddock, évoluant par jeu à une course. Ce sont des coureurs nés, éblouissants.

Lieux de tournage : Kentucky, USA – Haras « Three Chimneys », Kesmarc (centre de rééducation équine), Hippodrome de Keeneland / Chantilly, France – Centre d’entraînement France Galop (Freddy Head), Hippodrome de Chantilly / Deauville, France – Écurie de course (Philippe Leblanc), Hippodrome La Touques, Hippodrome municipale Clairefontaine, Arqana (vente de yearlings et de pur-sang) / Paris, France – Hippodrome de Longchamp

Mémoires de poulains
(2015)


Chaque jour, quand immergée dans les plaines de l’Alentejo, milieu naturel de l’Alter real, j’assistais émerveillée à un premier matin du monde. La narration de ce court-métrage conçue par modules, retrace les étapes de la vie des poulains, depuis la naissance d’un percheron jusqu’au débourrage d’un selle français de la garde républicaine. Le sevrage de jeunes lusitaniens et l’apprentissage de la vie en groupe avec leurs congénères sont des séquences tournées au Haras national d’Alter do Chao, au Portugal. Les côtoyer dans les univers qui jalonnent les stades de leur développement fut un éblouissement. Alors que je cherchais à fixer ces moments, il m’arrivait d’oublier la présence de ma caméra.

Lieux de tournage : Perche, France – Élevage de Percherons Guy Merel / Alentejo, Portugal – Haras national Alter do Chao / Yvelines, France – Centre d’Instruction équestre de la Garde Républicaine

Ambos
(2012)


Une approche vivante de la culture équestre qui propose au spectateur une installation vidéo multi écrans. Les scènes articulent simultanément plans rapprochés et plans larges d’’une même action. L’œil surprend le détail d’un mouvement tout en saisissant le contexte, dans son ensemble.  Jouer avec les différentes échelles d’un point de vue prend la forme d’une composition plurielle qui célèbre les chevaux Ibériques dans leur milieu en liberté et sous la selle, exécutant la beauté de ses allures naturelles.

Lieux de tournage : Alentejo, Portugal – Haras national Alter do Chao, Haras Ribeiro Telles / Lisbonne, Portugal – Centre équestre Lezíria Grande (Luis Valença) / Queluz-Sintra, Portugal – École portugaise d’Art équestre / Yvelines, France – Écuries de la Panetière Catherine Henriquet

Les coulisses d’un rêve
(2006)


À la différence d’un making-of, le documentaire « Les coulisses d’un rêve » suit la mise en place et le développement des différents aspects de la production cinéma du film français « Paris, je t’aime ». Il révèle la réelle intensité dramatique qui naît des conflits entre la création et le pouvoir et entraîne le spectateur dans une comédie de mœurs au pays de la production cinématographique. L’originalité du concept de « Paris, je t’aime » révèle les tensions entre les producteurs, centrées sur les problèmes financiers comme ceux du montage. Ce documentaire, tourné au fur et à mesure du développement des situations entre janvier 2005 et le Festival de Cannes 2006, s’articule autour des trois principaux producteurs protagonistes qui prennent la parole face caméra.

Lieux de tournage : Paris ; Cannes, France

Huracà, 1724

(2006, Co-réalisation avec Tewfik Fares)

En 1724, un galion chargé de mercure fait naufrage au large de Saint-Domingue, confiant à l’oubli des fonds marins les espoirs des passagers et l’histoire de leur déroute. Qui étaient-ils ? Découverte en 1995, l’épave devient sujet de recherche, d’exposition et… de rêve dans un curieux édifice bleu surplombant Barcelone. Les visiteurs d’aujourd’hui y pénètrent pour vivre l’énigme d’une traversée qui poussait ces émigrants d’hier à quitter Cadix pour Veracruz. « Huracà 1724 » est une épopée qui, dans le dédale du Musée des sciences de Barcelone, nous transporte dans le sillage porteur d’espérance pour une vie meilleure vers les Amériques. Il nous montre avec poésie comment chacun construit sa propre histoire des sciences à la rencontre de cultures et de personnages inconnus du passé.

Lieux de tournage : Musée des Sciences de Barcelone, Espagne

Lieux de tournage des chevaux


[USA]
 Three Chimneys Farm – Kentucky, États-Unis
[FR] Centre d’instruction du régiment de cavalerie de la Garde républicaine – Saint-Germain-en-Laye, France
[FR] Écuries de la Panetière de Catherine Henriquet – Yvelines, France
[FR] Écuries Freddy Head – Chantilly, France
[FR] Hippodrome de Chantilly
 France
[FR] Hippodromes de la Touques et de Clairefontaine
– Deauville, France
[FR] Hippodrome de Longchamp – Paris, France
[FR] Élevage de Percherons Guy Merel
– Perche, France
[PT] Centre équestre Lezíria Grande, chez Luis Valença
– Lisbonne, Portugal
[PT] École portugaise d’Art équestre
– Queluz-Sintra, Portugal
[PT] Haras Ribeiro Talles
– Alentejo, Portugal
[PT] Haras national Alter do Chao
– Alentejo, Portugal